RIV - PROSTATE
Le vecteur ciblant le PSMA est couplé à une molécule radioactive, le Lutétium-177, émetteur β- (bêta moins) qui :
- pénètre sur quelques millimètres,
- provoque des cassures de l’ADN de la cellule,
- entraîne sa mort programmée.
Il s’agit donc d’une irradiation très localisée, centrée sur les cellules ayant capté le médicament. Le traitement ne reconnaît pas la prostate elle-même, mais une protéine :
PSMA = Prostate Specific Membrane Antigen.
- Cette protéine est fortement exprimée par les cellules du cancer de la prostate métastatique, avec une intensité variable selon les lésions.
- Elle est également présente dans d’autres tissus à des degrés variables :
- glandes salivaires et lacrymales,
- tube digestif,
- et le radiopharmaceutique est éliminé par les reins.
La radiothérapie reste néanmoins relativement sélective car :
- la surexpression importante du PSMA par les lésions tumorales entraîne une captation préférentielle des molécules au niveau des métastases ;
- l’internalisation du radiopharmaceutique dans la cellule permet une irradiation prolongée ;
- le rayonnement β- de très courte portée limite l’irradiation des tissus voisins et réduit la toxicité des organes ayant une expression physiologique modérée du PSMA.
INDICATION actuelle reconnue par l’AMM
Le Pluvicto (177Lu-PSMA) est indiqué dans le :
- cancer de la prostate métastatique résistant à la castration (mCRPC) en progression,
- chez des patients ayant déjà reçu au moins :
- une hormonothérapie de nouvelle génération
(enzalutamide ou abiratérone), - au moins une ligne de chimiothérapie par taxane.
- une hormonothérapie de nouvelle génération
Sélection indispensable par l’imagerie :
- Avant toute décision de traitement, une évaluation par imagerie est requise :
- TEP-PSMA montrant des lésions intensément fixantes,
- +/- TEP FDG absence de lésions discordantes FDG+/ PSMA– évocatrices d’une dédifférenciation tumorale et d’un risque d’inefficacité.
Bénéfices attendus par rapport au traitement standard seul :
- Gain de survie ≈ 4 mois,
- réponses biologiques fréquentes (baisse significative du PSA),
- amélioration possible des symptômes douloureux,
- toxicité globalement modérée.
CONTRE INDICATIONS
- État général altéré (OMS ≥ 3)
- Espérance de vie < 3 mois
- Obstacle urinaire non contrôlé, incontinence non gérable
- Insuffisance rénale sévère (DFG < 30 mL/min)
- Cytopénies importantes :
- PNN < 1500/mL
- Plaquettes < 75 000/mL
- Cytolyse hépatique > 5 N
Parcours décisionnel
Avant ce traitement innovant, plusieurs étapes garantissent sa pertinence : réunion d'experts, imageries TEP PSMA +/- FDG, bilans sanguins, et rendez-vous d'information complète pluri disciplinaire dans le service.

Organisation du traitement
Modalités générales
- 6 cycles de traitement prévus.
- Intervalle moyen entre deux cures : 6 à 8 semaines.
- Surveillance biologique régulière avant chaque cure.
- Consultation inter-cure systématique avec l’oncologue référent.
Contraintes organisationnelles
- Logistique du radiopharmaceutique
- Délai minimum de commande : 15 jours.
- Délai maximum d’annulation : 8 jours ouvrés.
- Coût du traitement : environ 15 000 € par cure.
- Enjeux pratiques
- Accès au Pluvicto encore limité en France, notamment en Île-de-France.
- Le coût élevé impose une planification stricte pour éviter toute perte de dose.
- En cas d’impossibilité de traitement (altération clinique, anomalie biologique, événement intercurrent) :
- Procéder à une réévaluation rapide du patient.
- Rechercher immédiatement une permutation avec un autre patient éligible.
- Assurer une coordination étroite entre oncologie, médecine nucléaire et radiopharmacie.
Points clés pour les équipes
- Anticiper les bilans biologiques avant chaque cure.
- Signaler précocement toute situation pouvant entraîner une annulation.
- Maintenir une liste actualisée de patients permutables pour une réaffectation rapide des doses.
